Coop & Com, la coopération au quotidien

Coop & Com, ce sont des professionnels indépendants, parfois concurrents, disséminés sur le Finistère. Comment travaillent-ils ensemble ? Comment passer d’une organisation pyramidale à une collaboration horizontale ? Bienvenue dans la petite cuisine de ce collectif à part.

Au départ il existe un groupe, plutôt informel, aux effectifs mouvants, dont les membres se retrouvent régulièrement pour “parler boulot”. Il ont en effet deux points communs : la communication et l’appartenance à la même coopérative d’activités et d’emploi, Chrysalide.

Des réunions régulières permettent aux adhérents de Coop & Com d’échanger sur le métier, le secteur économique, l’organisation coopérative, l’entrepreneuriat en général…

Ce sont aussi des occasions de papoter autour d’un café ou d’un déjeuner, comme le feraient n’importe quels collègues contents de se retrouver.

Mais même à ce stade, il faut bien un pilote, ne serait-ce que pour fixer la date, le lieu et l’ordre du jour des réunions mensuelles.

C’est là qu’intervient l’animateur/trice temporaire : volontaire et accepté(e) par ses pairs, pour une durée qu’il/elle définit lui/elle-même, entre un et six mois généralement. Il/elle sera aussi chargé(e) des “relations extérieures” : de répondre aux sollicitations sur le mail commun ou d’organiser une petite conférence de presse pour faire connaître notre agence.

Pour le/la seconder, un(e) secrétaire se charge du compte-rendu des réunions. Enfin, des pilotes émergent au gré des projets internes ou externes. Par exemple, il en fallait un pour coordonner la création du site internet de Coop & Com. Il peut y en avoir un(e) autre pour l’organisation d’un événement, comme la participation à un salon.

Mais Coop & Com n’est plus seulement un groupe professionnel, c’est aussi désormais une agence de communication, opérationnelle. Et chaque production est, elle aussi, portée par un chef de projet. Ce dernier peut profiter d’une réunion mensuelle pour présenter un dossier, une prospection en cours et « recruter » en interne les membres de la future équipe.

L’une des forces de ce collectif, c’est la mutualisation de l’information. Grâce à la prospection et au réseautage de chacun, à la veille partagée, et du fait des implantations géographiques variées, l’information est multipliée et diversifiée. Tous les membres de Coop & Com sont à un moment où un autre apporteurs d’affaire. Et comme ils peuvent rarement travailler en solo, ils font appel à d’autres membres de l’équipe.

C’est particulièrement vrai pour les marchés publics dont les cahiers des charges nécessitent souvent de multiples compétences et expériences.
Dans le cas d’un appel d’offres, la diffusion de l’information est générale et l’équipe dédiée se compose de fait des plus réactifs ou des plus motivés. Il nous est arrivé cependant d’être une dizaine à répondre en commun à une consultation. Dans ce cas, le chef de projet est souvent celui à qui la mission apportera le plus gros chiffre d’affaires ; si le travail était réparti à parts égales, on pourrait envisager cependant une rémunération supplémentaire pour le pilotage, mais au risque d’augmenter le tarif global et de ne pas remporter le marché.
Dans le cas de contrats privés, c’est l’apporteur d’affaires qui se mue la plupart du temps en chef de projet naturel, mais là encore la question de la rétribution de son pilotage se pose.

Quand l’équipe d’un projet est constituée, elle s’organise en fonction de sa taille, du contexte, des souhaits et des habitudes de son pilote, de ses membres et du client. On est donc toujours dans l’organisation ad hoc et le sur-mesure, même si on constate au fil des ans la permanence ou la récurrence de certaines collaborations, pour des raisons pratiques mais aussi d’affinités personnelles.

Les équipes de création d’un site internet seront les plus variables car c’est dans ce domaine que Coop & Com compte le plus de compétences, de la rédaction au développement, en passant par le webdesign et le référencement. Tout dépendra alors du cahier des charges.

Les participants au projet habitent parfois à une heure de route les uns des autres voire davantage. Il peut arriver que certains se retrouvent dans des espaces de coworking et autres tiers-lieux. Ces derniers sont de plus en plus nombreux dans le Finistère et ils sont particulièrement intéressants pour des professionnels comme nous. Tout dépend ensuite de leurs tarifs et des services proposés.
Mais la plupart du temps, les membres de Coop & Com travaillent chez eux, devant leur incontournable ordinateur, avec les outils numériques collaboratifs innombrables à leur disposition.

Bon, soyons honnête, Google c’est pratique, le Drive et ses dossiers permettent de répondre efficacement à un appel d’offres par exemple et d’échanger des documents. Pour les transferts de gros fichiers (multimédia), WeTransfer a fait ses preuves.
Mais comme on n’aime pas mettre tous nos œufs dans le même panier, et comme la coopération c’est aussi la marotte de l’univers du logiciel libre, on met un point d’honneur à utiliser également les outils Framasoft, pour la prise de rendez-vous notamment : Framadate, ou pour la visioconférence : Framatalk. Mais il existe aussi des services pour délibérer et voter en ligne, pour créer des cartes mentales, pour organiser sa veille, etc.

Vous dire que tout est toujours radieux chez Coop & Com serait un pieux mensonge. Il existe comme dans tout collectif des heurts, des concurrences internes, des inimitiés. Ils se terminent parfois par des départs du groupe, ils se traduisent plus souvent par un “modus vivendi”. Car le principe de base de notre fonctionnement, c’est tout de même l’adhésion à des valeurs et l’adoption de comportements en conséquence. Notre charte suppose un respect mutuel des participants : une transparence interne sur les projets des uns et des autres, une confiance liée au sens des responsabilités de chacun des membres, et une volonté de travailler ensemble dans une ambiance agréable.
On se dit que “ça va sans dire”, mais en fait, “ça va mieux en le disant”.

Faire durer notre histoire collective

Depuis la rentrée 2016, certains des membres de Coop&Com ont quitté la coopérative mais ils font toujours partie de l’agence. En effet, la question du statut est secondaire, l’important reste la volonté de travailler en équipe. Les horizons juridiques et fiscaux se diversifient mais c’est encore plus riche puisqu’on se nourrit de nouvelles expériences.